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(18h43, en direct d'un resto qui fait wifi car il n'y a pas d'hôtel ici qui sont équipés ! on tape la causette avec le serveur Gini qui est en train de dire à Dricks que dans le sud de l'Inde, il pourrait constuire de belles maisons en bambou...)
La narration de cette journée est pour nous l'occasion de vous proposer une rubrique « L'Inde vue d'ici » sur les trains en Inde.
« L'Inde vue d'ici : les trains en Inde et plus généralement, le transport en Inde »
Hé oui, pour nous c'est une première ce matin, direction la gare d'Agra Cantonment, en rickshaw (ou touk-touk, c'est la même chose). Notons ici qu'à Agra il y a pléthores de touk-touk-vélo appelés également cyclo-pousse (voir photo) ; il faut voir les vieux se mettre en danseuse pour traîner leur charrette !
Nous avons opté ce matin pour un touk-touk-motorisé, avec les gros sacs, c'est quand même plus simple ! Rappelons que Chacha+Dricks+sacs de Chacha+sacs de Dricks = pas loin de 166 kgs !
Nous arrivons à l'heure à la gare, c'est-à-dire pas mal en avance pour avoir le temps de repérer notre voie de départ, notre train et même si possible notre wagon.... Nous avons l'impression d'être les deux seuls touristes blancs du coin !
Après s'être renseignés quand même auprès du bureau destiné aux touristes pour nous rassurer d'avoir bien compris les panneaux lumineux, nous nous installons sur le bon quai, a priori pas très loin de là où doit arriver notre wagon.
Nous voyageons aujourd'hui en AC Chair. Dans la pyramide des classes du train indien, c'est l'avant-avant-dernière.
Petite explication :
le top du top, l'air-conditionned First Class (1AC) : 1ère classe climatisée, la plus coûteuse ; compartiments avec portes à verrou, 2 ou 4 couchettes, repas compris.
L'air-conditionned 2-Tier (2AC) : 2ème classe climatisée ; couchettes sur deux niveaux de chaque côté du compartiment ouvert, plus deux superposées de l'autre côté du couloir, transformées en banquettes la journée.
L'air-conditionned 3-Tier (3AC) : 3ème classe climatisée ; couchettes sur trois niveaux par groupe de six dans un compartiment ouvert.
L'AC Executive Chair : fauteuils confortables et inclinables, beaucoup d'espace, climatisé.
L'AC Chair : la précédente en moins luxueuse ; cela ressemble à nos vieilles michelines en gros, l'épaisseur des banquettes en cuir en moins et des barreaux aux fenêtres en plus (d'ailleurs, où sont les sorties de secours???)
Sleeper : wagons sans compartiment, avec couchettes sur trois niveaux, sans clim ; les fenêtres ouvertes permettent d'admirer le paysage ; nous voyagerons entre Orccha et Varanasi et entre Varanasi et New Jaipalguri dans cette classe, la nuit.
La 2ème classe sans réservation : siège en bois ou en plastique, un monde fou mais très bon marché !
Posés sur nos sacs, nous attendons donc avec impatience notre train....
C'est avec seulement 10 petites minutes de retard que le Taj Express arrive en gare (cela nous change du train en France (-: …).
Chance ou encore bon karma, notre wagon s'arrête juste devant nous.... C'est assez facile à repérer : le nom de la classe est noté dessus (ici CC) et les numéros de places également (de 49 à 108, nous sommes aux places 66 et 67). Bon, nous voyons de dehors que nos places sont déjà prises mais nous nous installons la banquette juste derrière, nos sacs en vue dans les range-bagages au-dessus de la banquette d'à côté. Un peu serrés car nous nous sommes trois sur les banquettes étroites, l'un en face de l'autre, tout va bien !
L'homme à côté de Chacha, avec son épouse près de la fenêtre, entame vite la conversation. Curieux, comme beaucoup d'Indiens, il nous pose pas mal de questions sur nous, notre voyage, auxquelles nous répondons, avec l'aide de notre guide Lonely Planet pour préciser nos réponses. Ce couple charmant habite près de Delhi et va visiter la sœur du mari à Gwalior, une ville proche d'Orccha. Elle s'appelle Ruby et est institutrice en école privée. Lui, c'est Shanka, il travaille dans une manufacture à Delhi. Ils ont la quarantaine.
Cela nous permet de voir le voyage en train défiler plus vite (nous avons 4 heures de route).
Notre voyage est également ponctué de vendeurs ambulants de toute sorte : chaé, eau, jus, chips, pakoras, samoussas, journal... et également de « gypsies » (c'est le nom donné ici aux nomades qui habitent à l'orée des villes, souvent dans des conditions difficiles et insalubres sous des tentes plus ou moins improvisées) qui jouent de la musique pendant que leurs enfants effectuent des prouesses gymnastiques dans les allées du train.
Des Indiens apprécient le paysage par les portes qui restent ouvertes tout au long du voyage et par lesquelles des vendeurs entrent et ressortent à chaque arrêt.
Il n'y a pas forcément de quai à chaque arrêt et les passagers descendent parfois au milieu des voies et entre les trains pour rejoindre le quai d'à côté.
Nous arrivons enfin à la gare de Jhansi, terminus du train. Chacha teste les toilettes pour femmes collectives où il n'y a pas de portes et où les femmes font pipi les unes à côté des autres.
Pour sortir de la gare, il faut présenter les billets, nous n'avons pas eu de contrôle pendant notre trajet mais avons pu quand même voir des contrôleurs.
Ganga n'étant plus là, nous sommes un peu assaillis par des conducteurs de rickshaw. Nous comprenons vite qu'il faut déjà prendre un premier rickshaw pour rallier la station de bus qui nous permet ensuite d'effectuer les 16 kilomètres nous séparant d'Orccha. Des 100 roupies annoncés au départ, nous négocions la course pour 30 roupies. Arrivés à la station, les deux jeunes garçons avec qui nous avons partagés le rickshaw nous montrent où prendre le tempo, rickshaw collectif où nous pouvons monter jusqu'à 10 personnes.
Nous attendons quelques instants que notre tempo se remplisse et nous voilà partis à 9 pour Orccha (voir photo). Ce sont deux holymen (hommes religieux, sortes de moines qui arpentent les villes et les rues et qui vivent de mendicité et de prières) et deux amis à eux qui montent derrière avec nous. Devant, le conducteur prend place, entouré de deux autres hommes. Nous arrivons à échanger quelques mots avec nos compagnons de route mais ce n'est pas évident de se comprendre ! Nous listons les villes que nous avons traversées, encouragés par leurs dodelinements de tête. Nous enchaînons sur les animaux que l'on peut trouver en France : ni « monkeys », ni « elephants » !
Point « dodelinements » : nous n'avons pas encore eu l'occasion d'en parler, mais le dodelinement est tout un art en Inde ! Contrairement à chez nous où cela peut vouloir dire « couci-couça » ici, c'est un signe d'écoute et d'assentiment, effectué à longueur de journée par les Indiens, des tout petits aux personnes âgées. Par exemple, lorsque nous prenons des photos, quand on leur montre et qu'ils dodelinent de la tête, c'est qu'ils apprécient et pas qu'ils sont mécontents, ce que l'on pourrait croire au départ. En général, le dodelinement va de gauche à droite et veut vouloir dire « je suis d'accord ». On pourrait justement penser l'inverse ! On a encore du mal à le pratiquer avec Dricks ! Mais Sarkozy aurait-il des racines indiennes ? (-: …
Voilà pour les transports en Inde !
Notre fin de journée à Orccha est passée vite. Nous sommes étonnés de l'état de la ville : le Français rencontré dans la queue du Taj Mahal (souvenez-vous...) nous avait prévenu ; la ville semble avoir été attaquée par des bombes ! Toutes les façades des maisons sont détruites... cela donne un surprenant décalage avec les magnifiques monuments parsemés dans la ville, palais, fort et temples.... Mais ce ne sont que des opérations d'urbanisme avec pour but d'agrandir les rues et d'y adjoindre des petits canaux....
Nous profitons de l'ambiance survoltée de la fête des 9 jours qui suit la lune noire (celle de notre arrivée à Pushkar), c'est ambiance bal populaire dans les rues d'Orccha avec open mic et enfants qui dansent sur les scènes parsemées dans la ville.
Aujourd'hui, lundi 22 octobre, au programme : lessive ! Cela fait une semaine que nous n'avons rien lavé, un gros boulot nous attend ! Enfin, surtout pour Dricks qui s'adonne à fond à cette tâche pendant que Chacha pianote et se remet de la course d'hier dans les rues pour trouver un hôtel avec les gros sacs... et oui, cela lui a valu une bonne contracture des cervicales mais grâce au repos d'aujourd'hui, à la chaleur et aux attentions de Doudou, elle se remet doucement.
Notre programme pour ces 3 jours à Orccha :
Cet après-midi, balade vers la rivière, tranquillamente. En la remontant sur un petit kilomètre, on arrive aux paisibles chhatri qui surgissent des gravats et de la végétation de sous-bois, cénotaphes des gouverneurs d'Orcch, dont Bir Singh Deo.
Demain, visite des curiosités et monuments de la ville, accessibles avec un billet unique : le complexe fortifié que dominent deux palais du XVIIIème siècle, le Jehangir Mahal et le Raj Mahal, des écuries à camélidés et autres palais, pavillons et temples (ça faisait longtemps!).
Jeudi, découverte des sentiers nature dans l'Orccha Nature Reserve où nous apercevrons peut-être singes, cerfs, varans, paons et l'une des 4 espèces de tortues connues ici... inch'allah ! A pieds ou à vélo, à voir.... On a la possibilité d'en louer pour pas cher et ça peut changer ! Mais ne vous inquiétez pas ici, la circulation est beaucoup plus paisible que dans les grandes agglomérations précédemment visitées !
Petite anecdote du jour « Chacha et Dricks dans la forêt » : après avoir atteint les rives de la rivière (qui s’avérera plutôt un fleuve !), nous décidons le la longer pour rejoindre les fameuses chhatri qui sont à l'autre bout de la ville, évitant ainsi la route principale.
Cela ne fait que quelques minutes que nous marchons dans la forêt et soudain, Dricks montre du doigt à Chacha un petit bout de mue de serpent, en rigolant « tiens, il y a des vipères qui trainent ici ! ». Elargissant son champ de vision, il rigole un petit moins, en montrant à nouveau du doigt le reste de la mue... qui ressemble plus à celle d'un bon gros serpent, genre boa constructor bon là, c'est Chacha qui exagère...) ... le premier bout devait être celui de la queue... ! On se dit que c'est notre karma qui a mis cette mue sur notre route et on se décide à vite faire demi-tour !
Un peu plus loin, on croise deux hommes, l'un type aventurier, l'autre plutôt sous-fifre du premier. Il nous interpelle et nous demande si nous sommes perdus. « No no ». Dricks lui demande si c'est un garde forestier, il répond qu'il est le propriétaire des lieux où nous nos trouvons. « Ah, sorry ! ». Nous lui expliquons alors notre découverte. C'est là qu'il nous apprend qu'effectivement, dans cette forêt, trainent parfois de gros serpents, type python. « Ah bon ? ». Il nous raccompagne gentiment jusqu'à la route et nous offre même une plume de paon trouvée le long du chemin, ça porte bonheur en Inde. Nous rejoignons la route et décidons d'aller voir les chhatri un autre jour !
C'est promis, nous ne nous aventurerons plus dans les forêts indiennes, sur les sentiers non balisés !
Vue de notre guesthouse, avec en premier plan notre lessive d'une semaine, en arrière-plan, le palais d'Orccha