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Point « Passe ta nuit dans le train ! » : Bon, on avait parlé un peu vite concernant la ponctualité des trains en Inde.... Un peu rude l'attente sur le quai le soir... heureusement que l'agitation permanente environnante nous fait passer le temps... notre train aura finalement une bonne heure et demie de retard ! Dommage que nos amis du restaurant le Blue Sky ne soient pas là pour partager des parties de cartes... effectivement, quelques heures auparavant, juste avant d'aller à la gare, nous avons échangé des jeux de cartes français-indien (enfin français... plutôt américain) : nous leur avons appris à jouer au poker (plus simple à expliquer que la coinche!) et eux nous ont appris « the three » qu'on importera en France à notre retour !
Une fois le train enfin arrivé sur le quai, nous trouvons rapidement nos places, occupées par deux dormeurs... Dricks s'y colle pour les déloger gentiment, ils acceptent sans souci ! Chacha s'installe en haut, Dricks en bas, une couchette intermédiaire les sépare.
Dans un wagon sleeper, un long couloir dessert des compartiments ouverts avec à droite, deux rangées de trois lits superposés et à gauche, le long du couloir, deux lits superposés, de quoi mettre pas mal de monde !
Nos duvets nous servent de matelas, nos sacs, d'oreillers et nos sacs-à-viande en soie de duvet. Dricks passera une moins bonne nuit que Chacha car il y a beaucoup de passage, les gens s'assoient sur les lits du bas, par terre, pour discuter et le lendemain matin, la banquette intermédiaire est vite repliée pour permettre aux gens de s'asseoir sur celle du bas....
On vous laisse imaginer le ballet nocturne, entre les lumières qui s'allument à chaque fois que de nouvelles personnes arrivent et les passages des militaires avec leurs lampes de poche qui viellent au grain, mais ça va, notre première nuit en sleeper reste quand même une bonne expérience !
C'est donc tout naturellement avec la tête un peu dans les chaussettes et deux bonnes heures de retard que nous rallions enfin la gare de Varanasi où nous attend notre première petite arnaque touristique, pas bien méchante, on vous rassure tout de suite.
Nous sommes accostés à la sortie de la gare par un conducteur de rickshaw auquel nous donnons l'adresse de la guesthouse que nous avons repérée dans notre guide. Il nous annonce tout de suite que le quartier où nous voulons aller n'est pas top, la guesthouse non plus d'ailleurs et veut nous emmener au sud, dans le « quartier touristique » nous dit-il, où il y a de jolies guesthouse, pas chères, avec vue sur le Gange et wifi à volonté ! Nous tenons ferme et allons quand même jeter un coup d'oeil à notre guesthouse, après avoir marché un quart d'heure car impossible d'aller dans les rues étroites de la vieille ville en rickshaw.... Nous sommes effectivement déçus par l'endroit et par l'hôtel....
Un peu rassurés sur l'honnêteté de notre conducteur qui ne nous avait pas baratiné finalement (on le pense à ce moment-là) et la fatigue commençant à se faire de plus en plus ressentir, on décide de lui faire confiance et d'aller plus au sud, à l'eldorado de Varanasi (-; !
On vous épargne les détails, mais après avoir visité trois guesthouse vraiment moyennes, on abdique, crevés par notre nuit agitée et par la chaleur, et on se retrouve dans une guest propre certes, avec une vue plutôt sympa sur le Gange, dans un quartier complètement mort, vraiment pas au niveau de ce que nous avait annoncé notre conducteur, . Et sans le wifi promis !
Ce n'est que le soir, après une bonne petite promenade que nous découvrirons la vieille ville, vivante, agréable, près des ghats principaux, à environ deux kilomètres de l'endroit où nous avons atterris.... Nous rentrons à l'hôtel, bien décidés à changer de place demain ! On croise sur notre route une liesse populaire car ici, c'est la dernière soirée du Durga Festival (un jour de décalage avec Orccha). Sauf qu'ici, nous sommes dans une ville de plus d'un million d'habitants et qu'on a l'impression de faire la Fête de la musique à Paris tellement la rue est bondée de monde, de musique et de militaires (ici, ils remplacent nos chers et tendres CRS...). Ils sont là pour éviter tout heurt entre Hindous et Musulmans : il y a eu des antécédents il y a 20 ans et le gouvernement a depuis été obligé de légiférer sur les dates des festivals. Effectivement, demain, c'est l'ID AL-ADHA, une fête où les Musulmans commémorent le sacrifice d'Abraham, prêt à immoler son flis pour dieu. Pour l'occasion, ils tuent un mouton, une chèvre, un chameau ou encore un taureau et le partagent avec toute la famille, la communauté et les pauvres.
Après s'être difficilement frayé un passage dans la rue principale, nous prenons un cyclo-pousse pour terminer notre long périple jusqu'à l'hôtel où nous rejoignons vite fait bien fait les bras de Morphée.