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Jour 41 au jour 53 : Langtang et Goisakund trek Nous nous excusons pour le

Jour 41 au jour 53 : Langtang et Goisakund trek

Nous nous excusons pour le caractère chaotique de la publication de notre récit qui devrait être agrémenté de caractères en gras, en italique et de paragraphes bien alignés et des photos, avec les titres qui s'ajoutent sans qu'on le veuille au-dessus, bref ! Nous avons diagnostiqué à l'instant dans un cyber café que l'ordi était vérolé... et oui, nous avons du choper un virus asiatique genre cheval du japon et nous n'avons plus accès à la plupart ds fonctionnalités de notre blog... le + important, c'est que nous parvenons encore à publier et qu nous pouvons lire à vos commentaires !
Nous avons eu un mal fou comme vous vous en doutez à faire une sélection des photos... on espère que celles choisies réussiront à vous faire voyager avec nous et pour la suite, rendez-vous à notre retour !

Le trek du Langtang est la troisième région par ordre de fréquentation pour le trekking au Népal mais elle n'accueille qu'une infime partie de visiteurs qui empruntent plutôt les sentiers de l'Annapurna et de l'Everest.
Le Langtang a pourtant beaucoup d'avantages : proche de Katmandou, la région possède une grande diversité de paysages, les trekkeurs, peu nombreux, s'enfoncent dans les montagnes en deux jours. Le parcours traverse des villages Tamang. Le peuple Tamang est un des nombreux groupes ethniques du Népal. Ils parlent le tamang, une langue tibéto-birmane. Ils vivent principalement au nord et à l'est, notamment dans le Ganesh Himal. Leur culture est très proche des cultures tibétaine et sherpa. Effectivement, les sommets du côté de Kyanjing Gompa village longent la frontière avec le Tibet.
Les Tamang constituent 5,6 % de la population népalaise, ce qui représente 1 280 000 individus.

Nous enchaînons le trek du Langtang avec celui du Gosaikund. Gosaikund est le site d'un grand pèlerinage hindou au mois d'août, durant lequel des milliers de sadhu montent jusqu'aux lacs sacrés. On raconte que le gros rocher au centre du lac est le vestige d'un sanctuaire de Shiva et les pèlerins croient qu'un canal achemine directement l'eau du lac jusqu'au bassin du temple de Kumbeshwar, à Patan, à 60 km au sud.

Nous parcourrons durant ces 11 jours de trek environ 123 kilomètres, 6700 mètres de dénivelé positif, 6550 mètres de dénivelé négatif ! Quelques 1000 photos pour immortaliser ces 11 jours inoubliables ! Et des souvenirs plein la tête....

Samedi 10 novembre : De Katmandou (1337 m) à Syabru Besi (1450 m) – 132 km
5h22 : « Good morning ! Café ? »
« Ben, notre réveil n'a pas sonné ? On l'avait pourtant mis à 5h23 pour être prêts pour notre café à 6h ! »
Apparemment ici le service est très ponctuel, voire même un peu plus.... On ne se plaint pas, c'est la première fois qu'on peut avoir du café aussi tôt le matin !
On s'extirpe de nos supers duvets et on se délecte de nos viennoiseries achetées la veille, encore bien fraîches, arrosées d'un bon big black coffee pot....
Un petit tour sur le blog, on fignole les sacs et il est déjà 6h30. Nous avons à peine franchis la porte qu’apparaît dans le jardin notre guide Pasang, tout souriant. Nous laissons un sac en gardiennage à l'hôtel, où nous reviendrons à notre retour, car nous sommes limités à 20 kg pour le trek, pas facile de faire le tri....
Nous rejoignons un taxi où Rindi, notre sherpa, nous attend, tout sourire également.
Nous rallions rapidement l'arrêt de bus où nous attendons une petite demi-heure, le temps de faire plus connaissance avec nos compagnons de trek.
Belle surprise en pénétrant dans le bus, nous découvrons avec joie que notre agence Sunshine Trekking nous a réservé les meilleures places, c'est-à-dire celles situées à équidistance parfaite de chaque essieu !
Seconde belle surprise de la journée, la route s'avère finalement très carrossable, avec qui plus est un chauffeur prévenant qui évite les quelques trous et conduit avec douceur, contrairement à notre fou du volant qui nous avait amené à Katmandou !
En plus, il a la classe ce chauffeur avec ses ray-ban, ses mitaines de pilote en cuir et son petit chignon de sumo !
Troisième belle surprise de la journée, nous parvenons enfin à effectuer une journée de voyage (train, bus...) avec un vrai repas le midi ! En effet, vers 10h30, nous nous arrêtons faire une pause. Bien décidés à manger un bout, nous nous apprêtons à partir à la recherche d'un resto rapide. Mais c'est Pasang qui vient nous chercher pour nous emmener manger.... Nous avions déjà oublié note forfait all-inclusive !
Un savoureux dal-bat plus tard, englouti à une vitesse impressionnante par Pasang et Rindi, nous voilà repartis avec encore quelques grains de riz au coin de la bouche.... Nous nous faisons un peu charrier par Rindi : « So slowly ! »....
Notre trajet sera ponctué de nombreux checkpoints militaires et d'allées et venues incessantes de passagers sur le toit, dans le bus, avec des sacs de riz, des cartons de fruits, de bières, le tout savamment orchestré par les collègues de notre chauffeur qui tapent sur la paroi du bus ou sifflent pour le prévenir quand s'arrêter. Voyage ponctué également de locaux qui vomissent leur thé tibétain tour à tour dans les virages. Malheureusement pour nous, ce souvenir impérissable nous empêchera par la suite d'apprécier à sa juste valeur et saveur ce fameux thé tibétain, salé et sentant le lait de yak... dont l'odeur imprégna le bus durant tout le voyage !
Moment mémorable du voyage, où Chacha a d'ailleurs serré fort la main de Dricks de peur : après avoir charger une multitude de villageois de denrées en nombre considérable qui obstruaient l'allée centrale, bloquant Dricks dans son siège, nous entamons un tronçon de route non goudronné, très pentu, caillouteux, sableux et mouillé par endroits... épique ! Ici, les bus remplacent les 4/4.
Comme promis nous arrivons vers 17h à Syabru Besi où nous nous installons au Peaceful Hôtel. Douche tiède, petit tour rapide dans le village et grosse assiette de chowmein au programme. C'est Pasang qui s'occupe de prendre notre commande et qui nous apporte les sauces et épices à notre table. Ce sera le rituel pendant les 12 jours à venir : Pasang sera un peu notre G.O., étant à l'affût de nos moindres besoins et se chargeant de notre confort à tout instant.
Nous discutons ensuite avec lui de tout et de rien, des différences culturelles entre la France et le Népal et de notre journée du lendemain. De même, ce temps de présentation de la suite deviendra traditionnel et nous permettra de nous préparer en posant à notre cher guide toutes les questions qui nous passent par la tête.
Vite vite au dodo, 990 mètres de dénivelé nous attendent le lendemain....

Dimanche 11 novembre : De Syabru Besi (1460 m) à Lama Hôtel (2410 mètres) via Bamboo à 1970 m pour le lunch, soit 950 m de dénivelé positif – 12 km
Programme d'une journée-type :
7h : breakfast, en général, un black coffee pour Dricks, un milk coffee pour Chacha, un tibetan bread with jam/honey et un tibetan bread avec yak cheese, alternant de temps en temps avec un tibetan bread and omelette, que nous partageons. Vous auriez vu l'épaisseur de confiture qu'on tartinait ! Il faut bien des forces, nan ?
7h30-8h : départ
Une petite pause toutes les heures pour soulager notre sherpa et pour que nos compagnons s'intoxiquent joyeusement en fumant une cigarette pour 2...
9h30-10h : une petite barre chacun, préalablement achetée à KTM pour éviter de payer le jackpot en haut !
Aux alentours de 11H-12h pause lunch d'une heure environ
14h-15h : arrivée, suivant la journée de marche, variant entre 4h à 7h, pauses incluses.
A notre arrivée, déballage rapide des sacs et saut sous la douche pour avoir, de temps en temps de l'eau chaude... les 3 derniers jours, nous testerons avec joie les baquets d'eau brûlante !
Ensuite, goûter avec black tea et notre deuxième barre de la journée.
Temps libre ensuite, occupé par des balades dans les environs, des lectures de « Demain, la liberté » acheté à KTM, des massages, des siestes, des discussions autour du poêle avec les autres randonneurs et les guides et sherpas, des jeux de cartes....
17h : order du dîner.
18h30 : dîner suivi de la présentation de la journée du lendemain et de la commande du breakfast.
19h30 : lavage de dents, préparation des sacs pour le lendemain, cérémonie du duvet (on glisse nos affaires du lendemain dedans pour qu'elles soient bien chaudes au réveil...).
20h-20h30 : extinction des feux.
Bis repetita !

Nous commençons notre première journée avec un bon ptit dej histoire d'être en forme pour nos premiers 990 mètres de dénivelé.
Le ciel est dégagé, le soleil brille, il fait frais, on enfile les bonnets.
Nous dépassons le checkpoint et traversons notre premier pont suspendu au-dessus de Langtang, la rivière qui a donné son nom à la région ou vice et versa, on ne sait pas trop....
La nature autour de nous est luxuriante. Nous longerons la rivière jusqu'à notre point d'arrivée et d'ailleurs tout au long de notre trek dans le Langtang.
Pasang prend la tête de notre cordée (sans corde!) mais il nous propose vite de passer devant pour marcher à notre rythme d'occidentaux.... C'est Dricks qui s'y colle, habitué aux pas de randonneurs que sa maman lui a appris à pratiquer, des « petits pas réguliers comme les fourmis ».
Nous traversons des forêts qui ressemblent à celles de nos contes de fées et de dragons.... De gros rochers semblent avoir pris racine tout au long de notre route, sûrement détachés de la montagne depuis bien longtemps. Le rugissement de la rivière déchaînée accompagne notre ascension.
Rapidement, l'ambiance de notre dream team s'installe dans la bonne humeur et les blagues réputées de Doudou ! Celle du red panda deviendra culte et nous accompagnera tout au long de nos péripéties. En effet, le long de notre parcours, des panneaux disséminés sur le chemin et la même affiche récurrente dans les lodges dans lesquelles nous nous arrêterons, annoncent la présence du fameux red panda, que finalement personne n'a vu depuis bien longtemps. Chaque animal croisé, chaque bruit entendu nous fera nous exclamer : « oh, there is a red panda ! ».
De nombreuses marches en pierre, tantôt naturelles, tantôt façonnées par la main de l'homme, jalonnent notre chemin.
Nous passons le lieu-dit de Pairo à 10h : 2h30 de marche plus tard et nous voilà à 1800 mètres d'altitude. Pour l'instant, la montée s'effectue en pente douce, que nous franchissons sereinement ! 
A 11h15, nous nous arrêtons manger à Bamboo, 170 mètres plus haut, au soleil ! En effet, nous ne l'avions pas encore trop senti jusqu'à maintenant, abrités par l'épaisse végétation. Nous en profitons pour faire sécher nos t-shirts du matin, notre serviette encore humide de nos douches de la veille et le dos de nos sacs, malgré la douceur de la montée, trempés !
Un dal-bhat et une heure plus tard, nous repartons un peu alourdis par notre tonne de riz engloutie.
Point dal-bhat : c'est le plat traditionnel népalais, ingurgité midi et soir par nos chers guides et porteurs. Il se compose d'une sacrée portion de riz (le bhat), d'une soupe consistante aux lentilles (le dal), généralement accompagné d'un curry composé de patates et de légumes, le tout à volonté ! On vous laisse imaginer....

Nous croisons un bataillon d'une cinquantaine de militaires qui effectue une rotation de campement. Pasang nous informe qu'il y en a beaucoup près de la frontière du Tibet.
Les deux heures qui nous séparent de Lama Hôtel, notre destination du jour, seront rudes au début, car très pentues, et pas faciles de repartir de si belle après un bon repas ! Cela dure une heure et demie. La dernière demie heure est beaucoup plus tranquille. Nous arrivons à Lama Hôtel vers 14h30.
Douche très froide, thés très chaud, photos vers la rivière, bonne bouffe autour du poêle et dodo !

Lundi 12 novembre : de Lama Hôtel (2410 m) à Langtang village (3475 m) soit 1065 m de dénivelé positif – 14 km
Encore une grosse journée en termes de dénivelé ! Mais elle semble beaucoup moins dure que celle de la veille. Nous avons déjà monté le plus gros avant le lunch : nous marchons plus vite que prévu, nous nous arrêtons à 3200 m pour manger. Nous voyons nos premiers yaks népalais et nos premiers flocons de neige aussi ! Nous arrivons à Langtang village aux alentours de 13h30, dans les nuages : pas moyen de voir les monts enneigés qui nous auront nargués toutes la journée, en particulier le Naya Kanga culminant à 5856 mètres.
Il neige à notre arrivée.
Après la douche prise en quatrième vitesse, un peu plus chaude que la veille mais la salle de bain est gelée, nous nous enfilons rapidement dans nos duvets pour nous réchauffer. Dricks en profite pour roupiller un peu, Chacha bouquine le livre qu'elle s'est achetée à Katmandou, Cette nuit la liberté, de Dominique Lapierre et Larry Collins, retraçant l'histoire de l'indépendance de l'Inde, débutant au début de l'année 1947. Chacha le lit tout haut, berçant Dricks jusqu'au pays des rêves....
17 heures, il fait 4 degrés, selon le thermomètre d'un couple de français, que nous retrouverons par la suite et que nous avions déjà rencontrés la veille en faisant la queue pour la douche.
Point douche en trek : c'est un bon moyen de rencontre car il n'y a en général qu'une douche pour la totalité du lodge. Même si nous ne sommes en moyenne pas plus d'une petite dizaine, ça ne fait pas beaucoup, surtout qu'on arrive en général en même temps et que la première chose dont on ait tous envie, c'est de sauter sous la douche justement ! Donc nous avons le temps de discuter, « au suivant, au suivant ».
Contrairement à nos idées reçus, on a pu se doucher tous les jours sauf à Gosaikund, où nous étions à 4380 m d'altitude et où il fait un peu froid pour ça.... Nous avons tout testé : douche froide, tiède froide, tiède chaude, chaude, brûlante, dans des douches traversées de courants d'air de part et d'autre, des douches toilettes, des douches dans une cabane en bois dehors, des douches dans une cabane en pierre dehors, des baquets d'eau chaude, très chaude finalement bien pratiques, et bien sûr, la traditionnelle lingette qui dépanne bien il faut le dire, la douche du trekkeur !

Nous mangeons tôt, 18h et nous faisons une petite entorse à notre budget en nous offrant une gourmandise : un pancake chocolat/pommes à deux.... Et oui, en trek, il faut savoir de temps en temps se faire plaisir... après nos deux grosses journées de montée et tout ce froid glacial, nous avons besoin de calories !
Point organisation alimentaire du trek : petit coup de flippe bien français dès le premier soir de notre arrivée en trek... nous consultons le menu – qui s’avérera d'ailleurs être le même dans toutes les lodges que nous visiterons, à quelques exceptions près, à savoir soupes, pain tibétain sous toutes ces formes, omelettes, patates, chowmein , macaroni (pâtes quoi), riz, le tout agrémenté au choix d’œuf, de légumes, de fromage ou un mix, dal bhat, momos (avec snickers momo !!!!), pizzas mais pas de viande, c'est interdit d'en consommer dans le Langtang. Finalement, le bouffe s'avère plus diversifiée que ce qu'on pensait. Bref !
Rassurés par la variété et étant de fervents consommateurs de féculents, nous nous apprêtons à commander. Mais surgit une question dans nos esprits affamés : quel budget avons-nous par repas ? Nous posons la question à Pasang qui nous répond que cela ne fonctionne pas par prix mais par item : nous ne pouvons prendre qu'un item par repas.... Stupeurs et tremblements ! Mais nous allons mourir de faim !!! Nous nous résignons à commander un mix chowmein, c'est-à-dire, agrémenté d’œuf, de légumes et de fromage en pensant que ça ne suffirait jamais ! On évoque, en attendant l'assiette, la stratégie à adopter pour évoquer ce point sensible le lendemain avec notre guide. Nos plats arrivent et nous échangeons un regard soulagé : une énorme montagne se dresse devant nous ! On se moque un peu de nous-mêmes et de notre inquiétude alimentaire si primitive.... Tout au long du trek, on mangera à notre faim et de temps en temps, on s'autorisera un petit écart en prenant un dessert....

Après cette douceur chaude, on est fin prêts à affronter la nuit froide qui nous attend. En plus, Pasang nous a pécho une bonne vieille couette (blanquet en anglais, un mot qu'on apprendra vite!). Nous espérons que les pics enneigés nous entourant nous feront l'honneur de se montrer demain.

Mardi 13 novembre : de Langtang village (3475 m)à Kyanjing (3900 m) soit 425 m de dénivelé positif – 8 km
Grasse mat : ptit dej à 7h30, youhou ! Grand beau temps à notre réveil qui nous annonce une belle journée de récup. Effectivement, seuls 425 m de dénivelé et 3 heures de marche nous attendent ! Nous découvrons au fur et à mesure les monts enneigés qui nous entourent, l'occasion d'innombrables photos.
Nous longeons à nouveau la rivière du Langtang et nous nous enfonçons dans le cirque jusqu’à Kyanjing où un vent glacial nous attend mais heureusement le soleil est là pour nous réchauffer....
L'après-midi se déroule tranquillement, on se repose avant l'ascension de demain. Pasang veille à ce que nous soyons en bonnes conditions pour partir à l'ascension de notre Mont Blanc népalais.
On en profite ici pour parler un peu de nos compagnons de route. Pasang a 21 ans, son père est guide aussi, il est né dans la région de l'Everest, dans le même village que Rindi, notre porteur, à presque 2500 mètres d'altitude. Quand il sourit, c'est tout son visage qui s'illumine. Il sait être présent quand il faut et nous laisser un peu plus d'indépendance parfois. Il nous explique un peu la faune, la flore, répond à nos questions et rit à nos pitreries.... Il parle très bien l'anglais alors qu'avec Rindi, c'est plus compliqué. Nous ne pouvons pas trop échanger car nous ne nous comprenons pas mais il a toujours le sourire aussi et on se marre bien tous les 4.... Nous aurions peut-être pu faire ce trek seuls mais nous n'avons jamais regretté d'être partis avec un guide et un porteur, c'est motivant et cocoonant aussi car tout est bien organisé....

Après le meilleur dal-bhat depuis le début de ce trek, nous filons vers la hot shower qui, malgré le stalactite qui pend de la pomme de douche, se révélera très chaude, même brûlante, il nous faudra ajouter de l'eau froide pour supporter sa chaleur. Nous comprenons enfin la distinction faite par un couple de canadiens croisé la veille, toujours devant la douche et que nous recroiserons aussi (c'est marrant, on verra toujours un peu les mêmes personnes pendant ce trek...), la distinction donc entre « warm » et « hot »....
Puis séance massages décontractants pour les jambes et le dos, goûter, lecture à voix haute, sieste de Dricks, et repas au bord du poêle. Dricks testera d'ailleurs sa première pizza du trekkeur, en fait un tibetan bread enfoui sous un amas de légumes, de thon, d’œufs et de fromage qui s’avérera des plus délicieuses.

Mercredi 14 novembre : De Kyanjin Gompa (3900 m) à Kyangjin Ri (4773 m) soit 873 mètres de dénivelé positif et 873 mètres de dénivelé négatif
Mistake de notre guide Pasang : on ne fera pas le Cherko Ri aujourd'hui.... Dès le début de notre journée, il fera une erreur sur la route à suivre et au moment où il sen rendra compte, il sera un peu tard.... Nous sommes déjà très haut et il nous dit qu'il faut tout redescendre pour tout remonter avec une fin de trek aux alentours de 17h, quand le froid et la nuit tombent... bof bof... Nous nous contenterons du Kyangjin Ri, à 4773 m, seulement à,quelques petits mètres de notre Mont Blanc.... Nous sommes bien sûr déçus au début mais au final la boucle que nous effectuerons nous comblera de bonheur et d'un beau 360 degrés de montagnes. Et puis tous les gens rencontrés pas la suite nous assurerons que finalement, nous jouissons du même panorama sur les deux monts....
Nous n'irons donc pas aux 4984 m prévus mais la vue en jette autant ! C'est drôle, c'est sa première fois à Rindi aussi, il est aussi émerveillé que nous....
Nous pouvons donc admirer plusieurs magnifiques sommets, c'est à couper le souffle nous avons l'impression de toucher le ciel et ne croisons aucun marcheur à l'horizon, comme si nous étions les premiers hommes à marcher dans ces montagnes :
Langtang Lirung 7234 m
Tsangpu Ri 6745 m
Langshisa Ri 6145 m
Kansurrem 6078 m
Urkinmang 6151 m
Ganchempo 6297 m
Ponggen Dopkn 5930 m
Naya Kanga 5846 m
Tsergo Ri 5033 m
Journée ensoleillé, grand ciel bleu, beaucoup de vent glacial, heureusement que nous sommes bien équipés !

Après la pause pique-nique, nous entamons une crête en descente très raide qui nous tue les jambes et les pieds mais la sensation de voler comme un aigle, retenus par le vent, tellement planante nous a vite fait oublier nos petites douleurs.
Nous terminons notre journée en surplombant Kyanjing Gompa village.
Après une douche ressourçante toujours aussi brûlante et une assiette de potatoes mix, nous partons visiter la factory de fromage de yack et, pardi, en acheter un bout de 500 g, après l'avoir goûté bien sûr ! Nous l'entamerons avec nos pizzas le soir... miam miam !
Point organisation des lodges : comme les refuges de haute montagne en France, il faut bien approvisionner les lodges, en particulier en denrées alimentaires pour nourrir tous ces trekkeurs affamés.... Nous croisons donc sur nos routes de nombreux porteurs surchargés de sacs de riz et autres légumes qui gravissent sans broncher les nombreux dénivelés pour rejoindre les hauteurs népalaises... ils sont impressionnants, souvent plutôt frêles. On se demande comment ils font pour transporter parfois jusqu'à 2 gros sacs de 30 kgs de riz sur de telles distances.... Ils transportent aussi le bois, les bouteilles de gaz.... Le cheval est également utilisé et nous en croisons parfois. En ce qui concerne l'eau, elle vient directement des torrents qui descendent des glaciers alentours. Nous prenons l'habitude de consommer la même eau que les autochtones agrémentée de pastille d'hydro clonazone, un anti-bactérien bien efficace qui nous évite d'acheter des bouteilles en plastique à tout va !

Jeudi 15 novembre : Kyanjing Gompa (3900 m) à Lama Hôtel (2410 m) soit 1320 m de dénivelé négatif – 22 km
Presque 1400 m de dénivelé en moins, plus de 20 km en tout, sur un rythme effréné pendant 5h30 plus environ 1h30 de pause au total.. L'aller-retour n'est pas redondant car nous n'avons pas le même paysage au retour qu'à l'aller, ni la même lumière : le soleil illumine la nature qui commence à revêtir ses couleurs automnales.
Nous arrivons bien cassés, les jambes lourdes. L'épreuve de la douche froide est rapidement négociée. Après notre maintenant traditionnel thé noir, la séance massage est loin d'être superflue....
Nous prenons notre repas bien au chaud dans la salle commune, agrémenté d'un bout de fromage de yak acheté à l'étape précédente. Les 500 grammes achetés nous feront 5 repas... nous achèterons peut-être le kilo à Singh Gompa ! Pour le bonheur de Rindi !!!
Point « salle commune » : c'est le seul endroit où il faut chaud dans la lodge. Un poêle trône au milieu d'une pièce, entouré de tables et de bancs. Le feu est allumé à partir de 17h généralement, jusqu'à extinction des feux. Le matin, il n'est pas toujours relancé pour le petit déjeuner.... C'est l'occasion de se retrouver entre trekkeurs, guides et porteurs, échanger sur le parcours effectué, se réchauffer, se rencontrer. Quelques fils à linge traînent déci delà, afin de faire sécher les affaires humides de la journée, surtout les serviettes.... Notons ici qu'ils utilisent en moyenne 50 kg de bois pour le poêle de la salle commune et le feu de la cuisine. C'est agréable d'aller y traîner pendant que les plats se préparent car il fait bon aussi ici...

Nous testons le soir le fameux chang, histoire de bien nous réchauffer. C'est une mixture faiblement alcoolisée (ah bon?) à base de riz fermenté (parfois aussi d'orge ou de millet) et d'eau qui se boit chaude ou froide. Les vrais amateurs la consomment chaude et additionnée d'un œuf cru... on se contentera de la chaleur sans les protéines !!!
Nous rejoignons ensuite notre petite chambre en bois où il semble qu'il fait presque chaud... sûrement grâce au chang ! Notons ici que la nuit étoilée est complètement extraordinaire ! Nous n'avons jamais vu un ciel aussi rempli d'étoiles et nous apercevons très nettement la voie lactée, un truc de malade ! Dommage qu'il fasse trop froid pour une nuit à la belle étoile et que notre appareil photos ne puisse pas capter ce moment magique....

On a beaucoup aimé l'endroit, planté dans un cirque de montagnes, très froid mais finalement très chaleureux On s'y est senti comme à la maison, les propriétaires étant des amis au père de Pasang, très accueillants et au petit soin pour leurs hôtes. Nous y avons rencontrés un Danois qui fait du yoga et un Grec un peu bizarre mais finalement bien sympa.

Vendredi 16 novembre : Lama Hôtel (2410 m) – Thulu Syabru (2200 m) soit environ 600 m de dénivelé négatif et 600 m de dénivelé positif – 11 km
Nous partons seuls à l'aventure, Pasang et Rindi ayant loupé le réveil. Grosse descente jusqu'au lunch, nous dépassons dans la forêt nos amis les Japonais et Kimmo le finlandais, que nous retrouvons à table.
C'est l'occasion de petites photos souvenir de fin de trek, les Japonais retournant à Syabru Besi prendre le bus pour KTM.
Nous bifurquons après notre arrêt et entamons sur la gauche une forte montée à travers les bambous qui nous fera bien suer et enlever une à une comme un oignon toutes nos couches ! Nous approchons peu à peu de Thulu Syabru, que nous voyons au loin nous narguant. Le dernier coup de rein juste avant d'arriver, en plein cagnard, dans les volées d'escaliers, est interminable. Notre lodge se situe tout en haut du village. Nous le traversons en apercevant le vie quotidienne des habitants : un vieux monsieur qui tisse des corbeilles en bambou, une vieille dame qui casse de gros cailloux en graviers, une maman poule et ses poussins qui caquettent joyeusement au soleil....
Une douche bien chaude nous attend, avec lavabo et glace, ambiance palace !
Nous allons après notre goûter faire une petite promenade vers le monastère.
Le soir, dîner avec Anne, Youri et Kimmo. On fête notre moitié de trek avec des snickers momo. Un délice ! La prochaine fois, on testera les mars momos.
Nous apprenons un jeu de cartes avec Kimmo, le cross seven.
Soirée très sympa ! Nous apprenons un peu plus de la vie de Kimmo qui est en mission à l’ambassade de Finlande à Katmandou pour une durée de 3 ans. C'est vendredi, demain, sa dernière journée de trek et il reprend le travail lundi ! Bon courage à lui....
C'est aussi à partir d'aujourd'hui que nous partagerons notre fin de trek avec Anne, Youri, Divi leur guide et Razou leur porteur. Divi adore chanter et Razou raconter des histoires drôles en népalais qui font éclater de rire notre guide Pasang mais que nous ne comprenons pas ! Anne et Youri viennent du nord de la France mais s'étaient installés à Bruxelles avant de partir. Ils travaillent tout deux à l'hôpital Saint-Pierre, spécialisé dans l'accueil des sans-papier et demandeurs d'asile, elle est sage-femme, il est gynéco. De quoi agrémenter nos conversations en histoires trépidantes ! (-: …

Samedi 17 novembre : Thulo Syabru (2100 m) – Singh Gompa (3300 m) soit 1200 m de dénivelé positif – 12 km
Easy les 1200 m de dénivelé ! Nous n'arrêterons pas de papoter avec nos nouveaux compagnons de route. Grosse montée jusqu'au lunch, pas loin de 1100 m en à peine deux heures !
Puis on longe la crête dans la forêt de pins et de rhododendrons blancs aux troncs rosés, magnifique, jusqu'à Singh Gompa, village baigné de soleil.
Chacha peut enfin se laver les cheveux avec le pommeau et l'eau à quarante degrés !
Achat de fromage (un kilo cette fois...!), jeux de cartes, croûtes au chien, dodo !

Dimanche 18 novembre : Singh Gompa (3300 m) – Gosaikunda (4380 m) soit 1080 m de dénivelé positif – 10 km
Belle journée encore avec une diversité de paysages incroyable : forêt, beau panorama sur les chaînes de montagnes du Ganesh Himal.... Notons ici que depuis le début de notre trek, les journées se suivent mais ne se ressemblent pas : forêt de feuillus, jungles, forêts de conifères, roche rouge, grise, noire, pics enneigés, aridité puis ruisseaux qui courent dans la nature... le trek du Langtang offre une diversité de paysages hallucinante !
On finit dans un sentier gravé dans la roche rouge avant de découvrir le kunda (lac) vert émeraude.... L'altitude ne nous pose pas de problème, à part qu'on rigole beaucoup, on a l'impression d'être « pompettes », comme dirait Pasang
On fait quelques photos, buvons notre thé noir habituel et ne tardons pas à rejoindre notre petite chambre, très bien isolée... (-: ! Quelques parties de cartes, une bonne bouffe et au dodo. Demain, petit déjeuner à 6h pour partir tôt et éviter le vent au niveau du pass (col) à 4610 m.

Lundi 19 novembre : Goisakunda (4380 m) – Gopte (3430 m) via le Lauribinayak pass (4610 m) soit 330 mètres de dénivelé positif et 1180 de dénivelé négatif– 12 km
Départ avec le lever du soleil sur les lacs et la montagne rose. Plus nous montons, plus les lacs sont gelés. Les mecs s'amusent à envoyer de gros cailloux sur leur surface pour tester la solidité de la glace, mais pas de spectacle de patinage artistique en vue !
La montée d'une heure passe bien et le vent tant redouté ne s'est pas encore levé. Nous ne sommes pas déçus, quelle vue sur l'horizon interminable de montagnes successives, baignées de brume. On en compte une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, onze... qui s'étendent à perte de vue, majestueusement plantée là depuis des siècles.... On se sent tout petits....
S'ensuit une folle descente dans les cailloux qui use bien les genoux ! Nous apercevons plusieurs restes de l'avion, exposés vers les lodges, qui s'est scratché il y a quelques années, dans les parages de Phedi (3740 m) où nous nous arrêterons pour luncher. Le 31 juillet 1992 exactement, un Airbus de la compagnie Thai International s'est écrasé durant son vol de Bangkok à Katmandou.
Nous affrontons ensuite les interminables zigzag qui nous mèneront à Gopte. Nous comprenons enfin le sens réel de « zigzag » et de « real trek » que nous assène depuis plusieurs jour Pasang. Les « zigzag » sont une interminable succession de montées et descentes bien pentues, éprouvante pour les organismes. D'où le « real trek », épuisant physiquement.
Après le dernier zag particulièrement éreintant, nous faisons une pause bien méritée au soleil, nous posons mêmes les chaussures.... Une heure plus tard, nous enchaînons une dernière petite série de zigzag douloureuse jusqu'à Gopte où nous testerons notre premier baquet (voir point douche plus haut), finalement pas si mal ! L'eau est très chaude. Nous sommes contraints d'aller dans les toilettes car une toursite allemande (selon notre enquête approfondie...) a pissé dans la douche qui ressemblait à tout sauf à des toilettes !
Petites parties de cartes avec la dream team, premiers momos salés du trek, dodo ! Les soirées ne sont pas longues quand on est en trek....

Mardi 20 novembre : Gopte (3430 m) – Melamchi (2530 m) via Tharepati (3600 m) soit 170 m de dénivelé positif et 1070 mètres de dénivelé négatif– 9 km
Dernière montée du trek, un insignifiant 170 m, easy pour les trekkeurs aguerris que nous sommes maintenant ! Puis longue descente dans la forêt caillouteuse jusqu'à Melanchi où nous prendrons notre lunch, au soleil...
Deuxième baquet puis on a le temps... petite balade sur les hauteurs du village où nous nous posons au milieu des drapeaux de prières bouddhistes, ça sent la fin.... Ce soir c'est mars et snickers momos !!! En fait, juste snickers car il n'y a pas de mars... snifsnif, pourtant Chacha a proposé les siens tout écrasés dans son sac mais pas moyen : « ben, vous avez des momos, vous avez des mars, vous pouvez ben me faire un mars momo ? » ; Not possible !

Mercredi 21 novembre : Melamchi (2530 m) – Thimbu (1030 m) soit 1500 m de dénivelé négatif ! Et on les a bien sentis !!! 13 km
4 heures de marche annoncées, la veille nos guides nous disent que la journée va être plus pépère.... C'est dans cet état d'esprit que la journée débute : Dricks fait le clown dans la descente, on lance des pics aux vieux qui critiquent la jeunesse : « la jeunesse, c'est la barque de l'espoir sur la rivière de l'incertitude » lance Chacha la philosophe. On n'arrête pas les pauses photos. Bref, c'est un peu l'ambiance colo !
Les paysages sont toujours aussi beaux et diversifiés. On passe par des champs en escaliers. Il fait chaud. On traverses des villages où les épis de maïs sèchent sur les terrasses et où les buffles font la sieste dans les étables. On rencontre aussi un bébé tout chien tout mimi de 15 jours... séance caresses interminable !
On termine notre descente épique dans la jungle où nous retrouvons enfin un peu de fraîcheur. La dernière heure sera longue et violente pour nos organismes qui commencent à avoir faim.... On ne peut luncher qu'à Thimbu, pas de lodge entre notre point de départ et notre point d'arrivée, dur dur !
Nous évitons la longue route que le bus emprunte quand la chaussée le permet, en coupant à travers champs et rivières, empruntant des chemins escarpés et traumatisant pour nos membres à l'agonie.... Pasang prend la tête du cortège, sentant qu'on en a besoin ! Nous traversons un dernier pont et après une dernière ligne droite, une maison bleue adossée à la colline, euh plutôt à la rivière, nous attend....
Quel bonheur de quitter enfin les chaussures ! On ne se sait pas si c'est parce que l'on commence à être fatigués par l'accumulation des jours de marche ou si c'est parce que c'est la dernière journée, mais on n'en peut plus ! Sûrement un peu des deux....
Nous commandons un riz mix qui est très vite servi, heureusement ! S'ensuit une séance baquet des plus délassantes, on s'y fait avec délectation !
Un petit tour ensuite au bord de l'eau et nous voilà bien ressourcés ! Pourtant, alors que nous souhaitions fêter dignement notre fin de trek avec nos amis, en trinquant joyeusement au raksi, nous tombons de fatigue et allons pitoyablement nous coucher à 20h. En plus, nous nous levons tôt le matin, 5h, pour prendre le bus de 6h....

Jeudi 22 novembre : Thimbu (1030 m) – Katmandou (1337 m)
5h15 : breakfast
6h : notre bus brinquebalant décolle à l'heure
11h : nous voilà déjà dans notre petit hôtel, ayant retrouvé au passage le bruit de la ville et sa pollution... on était bien là-haut ! Nous convenons avec Pasang et Rindi de partager le repas demain dans leur chambre, Bodhnath petite ville collée à KTM. Ils nous préparerons le dal-bhat et nous ferons visiter le stupa de la ville, impressionnant et gigantesque, blanchi à la chaux et totalement symétrique, unique dans le pays.
Nous retrouvons notre sac laissé en gardiennage, consultons nos mails et pour tout dire, ne faisons pas grand chose, récupérant de cette dernière petite quinzaine.... Ah, si ! On va s'empiffrer de viande et de salade au resto....
Nous déposons à la laundry nos 5 kgs d'affaires sales, voire suintantes (-: …. Les chaussettes du trek sont enfermées à double tour dans un second sac car c'est une vraie petite bombe odorifique à retardement....
Séance hamac et farniente au soleil dans notre apaisant jardin... que ça fait du bien !

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D
Juste Génial les Amis,<br /> Très belles photos, on vous sent sereins, z'êtes très beaux !<br /> ça fait vraiment envie ces paysages.<br /> Merci encore pour votre récit.<br /> Bizzzzzzzzzzzzzzzzz<br /> Dédé et Jeannot du Montceau
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